Phobie scolaire : Qu’est-ce que c’est ?
Autrefois rarissime, la phobie scolaire est en constante augmentation. Elle est caractérisée par l’incapacité pour l’enfant ou l’adolescent de se rendre à l’école. On note alors une réelle détresse psychologique et une anxiété anticipatoire importante. L’incidence du refus scolaire anxieux augmente et est désormais le motif d’un grand nombre de consultations et ce, notamment chez les adolescents. S’agissant également d’un phénomène plurifactoriel son diagnostic précis est difficile et parfois masqué par d’autres manifestations de stress et d’anxiété. Il y a aussi encore beaucoup de préjugés sur cette incapacité à se rendre à l’école parfois perçue comme une « lubie » de l’enfant/l’adolescent et non comme la manifestation d’un mal-être profond et complexe à accompagner.
Quelles manifestations ?
Elles sont très variables selon l’âge, l’enfant, son environnement. On note une apparition progressive du désengagement scolaire. L’adolescent va parfois manquer quelques cours dans certaines matières, ne participera pas aux contrôles. Les réveils se révèleront difficiles, conflictuels. On commencera à observer des symptômes de conversion dans le corps chez les plus jeunes (douleurs physiques : mal à la tête le soir, mal au ventre le matin avant de partir pour l’école, nausées) qui ont tendance à se calmer une fois que l’enfant reste à la maison et à se réveiller à l’approche du moment de retourner à l’école. Il y aura aussi des passages de plus en plus fréquents à l’infirmerie dont les parents ne seront parfois pas informés. On observera progressivement des changements comportementaux de plus en plus prégnants avec une augmentation des manifestations d’anxiété, du stress, des pleurs, des accès de colère (notamment chez les adolescents où la situation peut se tendre chaque matin et atteindre des niveaux élevés de conflits familiaux entre parents et adolescents).
Quelles causes ?
Comme nous l’avons dit plus haut, la raison de la phobie scolaire est souvent multifactorielle, dépendante de la construction de l’enfant, de sa personnalité, de son environnement familial ou ne concerner que la scolarité, un manque d’estime de soi et d’assurance face à tous les enjeux qui sont aujourd’hui demandés aux élèves. On note toutefois souvent un cumul d’affects divers allant de l’angoisse de séparation en passant par les troubles des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, dysgraphie, dysorthographie), les Troubles du Déficit de l’Attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), la pression scolaire (notamment au lycée avec le choix des options, Parcours Sup et tous les changements hormonaux du phénomène adolescent), les phénomènes de harcèlement scolaire, les réseaux sociaux, l’addiction aux écrans, la dépression…
Quel diagnostic ?
Ian Berg en 1969 a établi 5 critères diagnostics permettant de caractériser la phobie scolaire :
- Refus de se rendre à l’école amenant à une absence prolongée
- Détresse émotionnelle anticipatoire
- Enfant demeurant chez ses parents en journée plutôt que d’aller à l’école
- Inexistence de comportements anti-sociaux significatifs (vols, fugue, mensonges graves etc)
- Implication importante des parents pour inciter leur enfant à se rendre à l’école
Une fois le diagnostic posé, la prise en charge doit être rapide pour accompagner au mieux le jeune. En effet, une phobie scolaire non accompagnée finira par s’enkyster. On entre alors dans un cercle vicieux d’angoisse qui vont se fixer chez l’enfant/l’adolescent entraînant en parallèle encore plus de stress chez les parents de plus en plus démunis. A mesure que les absences augmentent, la pression devient de plus en plus forte sur toute la famille impactant alors les relations entre tous les membres. Un sujet d’autant plus difficile à accompagner pour la famille que les raisons de l’enfant/adolescent sont parfois obscures, les parents se cantonnant souvent à l’impossibilité pour le jeune à définir concrètement la source de son mal-être.
Et les parents dans tout ça ?
On parle beaucoup, à juste titre, de la souffrance des jeunes touchés mais il est important de noter que la phobie scolaire en plus d’impacter l’enfant est source d’un stress constant pour les parents qui ne savent plus comment l’accompagner face à ses difficultés. Les relations deviennent alors conflictuelles, source d’une pression constante avec la peur quotidienne de se demander comment le réveil se déroulera. En plus de toucher la confiance de l’enfant à plusieurs niveaux, les parents démunis perdent aussi leur assurance. Comment accompagner mon adolescent en souffrance et lui faire prendre conscience qu’il met son avenir en péril ? Pourquoi un tel refus scolaire ? Comment apaiser les relations avec mon enfant ? Pourquoi lui ? Comment rattraper toutes ses absences ? etc. Autant de questions qui tournent en boucle dans la tête de ces parents en difficulté et qui impactent forcément le relationnel avec l’enfant.
Les relations avec la fratrie peuvent se retrouver complexifiées avec des sentiments de colère sous-jacents contre celui qui est la source de tant de difficulté. Il est également commun de retrouver une recrudescence des conflits conjugaux notamment du fait de désaccords important sur l’accompagnement de l’enfant.
Phobie scolaire : Une fatalité ?
Il est surtout important de rappeler qu’il s’agit d’un signal de détresse envoyé par l’enfant. On peut avoir tendance à dire « mon enfant ne veut pas aller à l’école ». En réalité, il ne « peut plus y aller ». Il ne s’agit pas là d’une question d’envie mais de sentiment d’incapacité à se rendre en classe. Le stress des parents face à l’école est légitime car il en va de l’avenir du jeune. Toutefois, il faut se dire que ces enfants ont parfaitement conscience de ce que leur état implique. Leur répéter n’est que conforter l’angoisse déjà bien présente et alimenter l’engrenage.
Phobie scolaire : Quelle solution ?
Forcer l’enfant/l’adolescent à aller en cours sera contreproductif. Toutefois, il est primordial pour la famille de réagir vite. Elles ont besoin d’un accompagnement pluridisciplinaire en fonction des causes de la phobie scolaire. Il s’agira d’aider le jeune à identifier la raison (ou les raisons) de son mal-être. Le refus scolaire anxieux impactant toute la famille, un accompagnement familial et parental permettra de donner les clés aux parents pour mieux comprendre le trouble de leur enfant et adopter les bonnes stratégies de soutien psychologique. Il se peut également que la mise en place d’une collaboration étroite avec l’équipe pédagogique et scolaire se mette en place pour apporter un soutien systémique à l’enfant. Il se sentira alors soutenu à tous les niveaux, il se sentira compris et reconnu dans sa souffrance. Un retour progressif et aménagé à la scolarité permettra ainsi de passer tous les caps nécessaires à la réussite de l’accompagnement du jeune.
Un programme d’accompagnement à la phobie scolaire
Nous avons décidé de créer un programme d’accompagnement pour aider les familles confrontées à ce sujet de plus en plus prégnant dans notre société. Ce programme est basé sur la rencontre entre plusieurs disciplines de psychothérapie : Thérapie analytique familiale, Thérapie Cognitive et Comportementale (TCC), sophrologie, hypnothérapie. La mise en commun de toutes ces compétences vont permettre de traiter les symptômes (dont principalement : la phobie scolaire) et les causes (éléments du développement, contextuels et systémiques) du problème actuel. L’objectif de ce programme d’accompagnement est de fournir à l’enfant les stratégies d’adaptation au stress, à l’angoisse, d’améliorer sa confiance en lui et en l’avenir tout en permettant aux parents de se déculpabiliser, de mieux communiquer avec leur enfant. C’est toute la famille qui pourra alors retrouver la sérénité et la confiance en l’avenir.
La Phobie Scolaire
Votre enfant/ado ne peut plus aller à l’école. Confrontés à sa détresse, vous vous sentez démunis. Face aux enjeux scolaires, vous avez conscience qu’il faut agir vite pour éviter que la situation ne s’enlise. Il n’y a pas de fatalité. Ce programme vous aidera à trouver les clés pour accompagner votre enfant vers un retour à l’école rapide.
