L’anxiété parentale : une réalité fréquente mais taboue
L’anxiété touche tous les jeunes parents. Elle est normale mais peut devenir pathologique si elle persiste et entrave la vie quotidienne. Au départ, l’enfant nait de l’union biologique et affective entre deux partenaires. Avoir un enfant c’est aussi désirer avec toutes les projections personnelles associées. « Mon enfant aura les yeux bleus », « je le vois médecin », « il fera ce qu’il aime ». C’est une étape majeure de la vie, souvent teintée d’émotions contradictoires : joie, excitation… mais aussi doutes, peurs et stress et ce, dès le début de la grossesse. En tant que parents en devenir, on se posera tout un tas de questions sur les changements organisationnels que va impliquer l’arrivée du bébé. On recevra aussi tous les commentaires extérieurs de nos proches, nos familles, nos amis, du personnel soignant partageant leurs expériences qui vont également modifier notre imaginaire. C’est là que vont se manifester les premières angoisses et manifestations d’anxiété.
S’agissant d’un moment heureux de l’existence, nous n’avons pas tendance à détecter cette anxiété pourtant bien vécue et silencieusement toxique.
Que ce soit durant la grossesse ou après l’accouchement, cette anxiété finit par surgir de toutes parts pouvant entrainer des conflits conjugaux : les fameux « baby clashs. »
Des solutions existent et nous vous présenterons ci-dessous comment un programme d’accompagnement pluridisciplinaire peut aider les parents à préparer l’arrivée de bébé en toute sérénité ou à retrouver l’harmonie après la naissance et les premiers mois de vie de l’enfant.
Comment s’installe l’anxiété ?
Tout d’abord, il y a l’anxiété pendant la grossesse. Elle touche généralement la femme qui vit un bouleversement hormonal incontrôlable. La maman en devenir se retrouve alors submergée de pensées qu’elle n’a pas l’habitude d’avoir et qu’elle ne comprend pas. S’agissant du moment censé être le plus beau de sa vie, elle culpabilise de ressentir de la tristesse, de se poser des questions, de douter. C’est pourtant tout à fait normal et il se peut que le conjoint ne comprenne pas ce changement soudain d’attitude. Cela marque le premier moment d’éloignement dans le couple. La femme peut alors se sentir délaissée, entretenir du ressentiment, culpabiliser encore plus ce qui ne fera qu’augmenter son anxiété.
Il y a également le stress que quelque chose arrive au bébé, que la grossesse n’aboutisse pas et qui peut impacter les deux parents. La communication est complexifiée. L’un ne souhaitant pas blesser l’autre, les sujets peuvent devenir tabous, chacun vivant en secret ses questionnements.
A l’arrivée de bébé, il y a de nouvelles sources d’inquiétudes qui s’ajoutent à des mois de stress. Il y a la peur de mal faire, de ne pas parvenir à s’occuper correctement de l’enfant. Sous le poids de la fatigue, ces émotions sont exacerbées. La charge mentale augmente à mesure que les jours, les semaines et les mois passent que l’enfant évolue et que l’anxiété se transforme.
Les signes à repérer
Une inquiétude constante et excessive
- Des pensées envahissantes, souvent dévalorisantes en boucle : « Et si je faisais mal ? », « Et s’il lui arrivait quelque chose ? », « Je ne vais jamais y arriver… »
- Incapacité à se rassurer malgré le conjoint et l’entourage « Et si ça ne se passait pas bien ? »
- Anticipation anxieuse de chaque moment du quotidien (peur de l’accouchement, de la nouvelle organisation familiale, angoisse des pleurs, des sorties, du coucher de l’enfant…
Des symptômes physiques liés au stress
- Troubles du sommeil, même quand bébé dort : impossibilité de s’endormir, réveils nocturnes, cauchemars
- Tensions musculaires, maux de tête, palpitations
- Fatigue psychique qui ne s’explique pas uniquement par les nuits entrecoupée
Une hypervigilance constante
- Surveillance excessive lors de la grossesse (besoins d’échographies, prise de sang multiples pour s’assurer du bon déroulement de la grossesse.) A l’arrivée de bébé, un besoin compulsif de tout contrôler (alimentation, température, développement…)
- Difficulté à déléguer ou à faire confiance à l’autre parent ou aux proches. Anxiété à l’idée de laisser bébé à quelqu’un d’autre, même pour quelques minutes.
Une baisse de l’estime de soi comme parent
- Sentiment d’être incompétents, pas à la hauteur.
- Jugement sévère et culpabilité constante.
- Impression de ne jamais faire « assez bien » tellement l’objectif et l’idéalisation que l’on projette est haute
- Réseaux sociaux qui montrent une image parfaite de la parentalité et dans laquelle il est impossible de se reconnaitre. Chaque moment imprévisible est un nouvel échec.
Repli sur soi
- La fatigue, l’anxiété et la baisse d’estime de soi vont faire que les parents vont perdre l’envie de voir leur entourage.
- La culpabilité et la honte vont faire que les parents n’oseront pas confier les difficultés qu’ils rencontrent et préfèreront « faire comme si tout allait bien, puisque tout va bien chez les autres ».
- La solitude va devenir de plus en plus prégnante favorisant le cercle vicieux de l’anxiété ce qui finira par impacter le couple de manière plus profonde encore
Tensions dans le couple
- Le repli va alors se traduire dans le couple où la communication sera encore plus difficile
- La fatigue, l’irritabilité, l’impatience et le sentiment d’être incompris ne vont cesser de grandir.
- On verra une diminution du lien affectif et à terme de l’intimité
Les impacts sur le bébé
Il ne s’agit pas ici de culpabiliser les parents. Cette situation est extrêmement fréquente et peu de couples (pour ne pas dire aucun) peuvent se targuer de n’avoir connu aucun bouleversement à ce moment là de leur existence. Il s’agit seulement d’ajouter des éléments de détection supplémentaire pour les parents pour les aider à une première prise de conscience.
- Les bébés sont des éponges à l’émotion des parents. Un climat émotionnel difficile dans les premiers mois de vie va s’enkyster chez l’enfant qui pourra développer de l’anxiété, une hypervigilance, être plus en demande de réassurance. Pas de fatalité, avec quelques ajustements, la situation peut s’améliorer.
- Le stress des parents peut entrainer ou favoriser les troubles du sommeil de l’enfant. Cela peut aussi se ressentir dans l’alimentation (refus de s’alimenter le plus souvent) ou par des troubles de l’attachement (sentiment d’insécurité et anxiété de séparation qui persiste)
Pourquoi se faire accompagner ?
– Avant la naissance : pour anticiper, mieux se connaître en tant que futur parent, construire une vision commune. Travailler en amont aux projections parentales de chacun, accompagner le couple dans une meilleure communication par la compréhension de ce que vive l’un et l’autre des futures parents
– Après l’arrivée de bébé : Pour travailler sur l’anxiété des parents, apporter une aide organisationnelle. Donner des clés de compréhension à la gestion des émotions pour retrouver de l’équilibre et renforcer le lien parental et conjugal.
Ce que proposent nos programmes:
- Des séances en couple
- Des outils concrets (gestion du stress, relaxation, planification, communication bienveillante).
- Un accompagnement sur mesure selon vos besoins et votre rythme
- Un accompagnement pluridisciplinaire avec la TCC (Thérapie Cognitivo-comportementale) pour travailler sur l’anxiété, la psychanalyse pour étudier les projections de chacun, les mécanismes de défense en jeu, réfléchir à la communication dans le couple. Nous y additionnons l’hypnose et la sophrologie pour intégrer le calme et la sérénité au cours du programme.
Il est donc temps d’arrêter de minimiser le bouleversement que provoque l’arrivée de bébé dans un couple. Des solutions rapides existent pour reprendre le contrôle sur la situation pour un avenir plus serein.
