Comprendre les addictions (alcool, drogues, alimentation, écrans…)
Comment savoir si l’on est accro ?
Selon l’OMS, l’addiction est un comportement répétitif échappant à toute maitrise de la personne et ce malgré la conscience des conséquences négatives qu’il engendre sur la santé, la vie sociale, professionnelle et familiale de la personne.
On note deux types d’addictions :
- Aux substances
- Sans substances aussi appelées addictions comportementales
Dans les deux cas le mécanisme est le même : la personne cherche à soulager un mal-être intérieur, un stress, une angoisse, combler un manque et c’est précisément ce qui entraine la compulsion, puis sa répétition, la dépendance et ce jusqu’à l’isolement de la personne.
Que se passe-t-il quand on est accro ?
Il faut prendre l’addiction pour ce qu’elle est réellement, un symptôme psychique qui traduit une volonté, souvent inconsciente, de faire face à une détresse intérieure.
Plusieurs mécanismes entrent alors en action :
- Le circuit du plaisir immédiat : addiction à la libération de dopamine dans le cerveau
- Difficulté de régulation émotionnelle
- Le cycle de la compulsion : tension intérieure -> passage à l’acte ->soulagement temporaire -> culpabilité/honte -> nouveau mal être
Ce cycle est alors auto-entretenu, souvent jugé par l’entourage ce qui renforce l’isolement et le sentiment d’impuissance de la personne concernée.
Et pourtant, l’addiction est également difficile à vivre pour tout l’entourage. Quand elle touche un membre de la famille que ce soit un parent ou un enfant, il faut bien imaginer que chacun souffre de la détresse de la personne concernée. Un accompagnement de tous les membres est nécessaire pour permettre à chacun d’exprimer sa colère, son désarroi et revenir à l’équilibre pour tous les membres. C’est tout le système qu’il faut accompagner et c’est bien pour cela que nous avons orienté notre activité autour de la famille en proposant ainsi des accompagnements psychologiques systémiques.
Le contexte de vie joue un rôle majeur : isolement social, violences subies, pression scolaire ou professionnelle, rupture amoureuse, conflits conjugaux, dépression, relations toxiques, les insomnies … Autant d’éléments qui peuvent créer un terreau propice à l’installation d’un comportement addictif. Dans certains milieux, la banalisation de certaines pratiques (consommation d’alcool, usage de psychotropes, temps d’écran et à internet…) renforcent cette vulnérabilité.
Quand un parent est accro, quelles sont les conséquences sur la famille :
- Perte de repères pour les enfants
Les enfants vivent dans un environnement instable et imprévisible où ils apprennent à être hypervigilants pour tenter de s’adapter à leur parent. La relation est insécurisante et peut entraîner du stress chronique, de l’anxiété, voire des troubles du comportement ou de l’attachement.
- Relations familiales dégradées
Le climat familial devient tendu, marqué par des conflits, des tensions ou au contraire un silence pesant. Les autres membres de la famille marchent “sur des œufs” pour éviter les crises ou les confrontations. Les échanges se retrouvent progressivement tournés à la gestion de la crise liée à l’addiction, au lieu de favoriser des échanges authentiques.
- Impact sur le couple
L’autre partenaire peut se sentir seul, coupable ou même complice sans le vouloir. Il y a souvent un déséquilibre dans l’investissement familial : l’un des parents prend plus de responsabilités (parentification). Des sentiments de colère, de frustration ou d’épuisement peuvent naître, menant à des conflits ou même à une rupture amoureuse ou un divorce.
- Enfants parentifiés
Un enfant peut prendre inconsciemment le rôle d’adulte en cherchant à compenser le manque de fonctionnement parental :
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- En s’occupant de ses frères et sœurs
- En cachant les problèmes à l’extérieur
- En tentant de raisonner ou de calmer le parent addict
Cela peut avoir des conséquences graves sur son développement affectif et social.
- Honte et retrait social
La famille peut cacher la situation aux amis, à la famille élargie, ou même aux professionnels. Elle vit dans la peur du jugement extérieur, ce qui renforce l’isolement. Les sorties, les fêtes, les moments en collectivité sont annulés ou vécus dans la tension.
- Risques accrus de transfert de l’addiction chez les enfants
Les enfants élevés dans un environnement marqué par l’addiction ont un risque plus élevé de développer eux-mêmes des addictions plus tard (à l’alcool, aux substances, aux jeux, aux relations toxiques…). Ils peuvent reproduire inconsciemment les schémas observés ou chercher à combler un vide intérieur.
Le but n’est pas de culpabiliser la personne accro mais d’apporter un éclairage sur les conséquences de l’addiction à la fois sur le sujet principalement concerné mais aussi pour tout son entourage. L’addiction n’est pas une fatalité. Et même si elle a déjà eu un impact sur la famille, il est toujours possible de reconstruire , de retrouver des liens sains et de créer un environnement sécurisant pour tous.
Quelles solutions ?
Accompagner un parent dans sa sortie de l’addiction, c’est offrir à toute la famille une chance de respirer, de grandir et de se reconnecter. Nous proposons des séances multithérapies qui vont permettre de vous accompagner dans l’arrêt de votre dépendance. Avec la TCC pour intellectualiser les mécanismes de l’addiction et travailler à des nouvelles prises de décision. Par la psychanalyse, l’addiction n’étant pas anodine et étant bien souvent (pour ne pas dire toujours) le résultat de mécanismes de défense que le sujet a été obligé de mettre en place tout le long d’une vie complexe. L’hypnose et la sophrologie viennent compléter cette approche thérapeutique pour accompagner les angoisses qui peuvent surgir avec le manque et proposer des outils efficaces de relaxation et de retour à l’apaisement.
