Focus : Addiction aux écrans chez les enfants et les adolescents
Qu’on le veuille ou non, les écrans font partie intégrante de nos vies. Ils sont omniprésents dans notre quotidien et ils peuvent devenir envahissants et notamment chez les plus jeunes. Les écrans et leur usage excessif sont souvent minimisés, banalisés. Pourtant, les mécanismes psychiques en place sont les mêmes que dans toute autre addiction. Ainsi, le risque n’est pas tant dans l’écran lui-même que dans la fonction qu’il vient occuper pour l’enfant ou l’adolescent.
S’ils sont des outils utiles d’apprentissages, de partage, de créativité, de lien social, ils deviennent problématiques lorsque l’exposition est massive trop précocement dans le développement de l’enfant ou lorsque l’utilisation sert de refuge à la souffrance intérieure, notamment chez les ados.
Ils sont aussi pour les parents un moyen de trouver un peu de calme et de temps off dans la parentalité. Utilisés avec parcimonie, cela ne pose pas de problème. Toutefois, s’ils deviennent le seul moyen pour occuper l’enfant, il sera intéressant de considérer ce qui, dans la vie quotidienne, pousse les parents à laisser les enfants devant les écrans. Sans jugement, le but est surtout de comprendre les mécanismes en place et les rectifier pour répondre au mieux aux besoins de tous.
Nous avons décidé de mettre en place un accompagnement spécifique lié à l’addiction chez l’enfant. L’objectif est de proposer une approche pluridisciplinaire qui va intégrer toute la famille. En alliant la thérapie analytique (psychanalyse) avec la TCC (Thérapie Cognitivo-comportementale), nous pourrons réinterroger le vécu de l’enfant et de ses parents, comprendre les mécanismes de défense en place, la nécessité derrière le comportement addictif, le bénéfice secondaire inconscient qu’elle implique. Cela permettra d’intellectualiser les schémas de pensées du quotidien, en reprenant le contrôle sur les comportements, en les comprenant mieux et en recréant de nouveaux mécanismes d’accès à la récompense pour permettre à la personne de sortir de l’enfermement de l’addiction. En complément et pour parfaire la mise en place de ces nouvelles habitudes, nous proposons des thérapies douces comme la sophrologie et l’hypnose, pour accompagner tous ces processus thérapeutiques, donner des clés concrètes d’aide à une meilleure gestion des émotions, de l’anxiété, du stress. Au fur et à mesure, on observe chez le jeune une meilleure estime de soi, un gain de confiance qui l’amènera à abandonner le comportement addictif.
Pourquoi les écrans captivent autant les jeunes ?
- Les écrans activent les mêmes circuits de récompense que les drogues : stimulation visuelle, plaisir immédiat
- Ils offrent une échappatoire aux pressions (stress, anxiété, phobie scolaire, conflits familiaux, solitude…).
- Ils leur permettent de se créer une identité virtuelle, souvent idéalisée, dans un monde où l’apparence et la performance prédominent
Comment repérer une utilisation problématique ?
Voici quelques signes qui peuvent alerter :
- Irritabilité ou agressivité lorsqu’on demande d’éteindre l’écran
- Isolement progressif, désintérêt pour les activités sociales ou créatives
- Retrait scolaire, troubles du sommeil, baisse de motivation
- Écran utilisé pour fuir les émotions, éviter les conflits ou combler un vide
- L’écran devient un moyen de lutte contre l’angoisse
Conséquences de l’addiction aux écrans chez l’enfant sur la famille
- Perte de communication au sein de la famille
L’enfant ou l’adolescent passe de plus en plus de temps devant les écrans (jeux vidéo, réseaux sociaux, YouTube, etc.) et de moins en moins de temps à interagir avec ses proches.
Les repas deviennent silencieux, les sorties familiales sont refusées, les discussions sont difficiles voire conflictuelles. Il y a petit à petit un éloignement affectif malgré la présence physique de l’enfant
- Tensions dans les relations parents/enfants
Les parents se sentent souvent impuissants face à l’emprise que les écrans exercent sur leur enfant. Les conflits s’intensifient : disputes autour du temps d’écran, punitions inefficaces, tentatives de contrôle qui finissent en affrontements. Certains parents culpabilisent : « Ai-je mal agi ? », interrogent leur propre utilisation : « est-ce moi qui lui ai transmis cette addiction ? », d’autres se sentent frustrés : « Il ne m’écoute plus, je ne le reconnais pas ».
- Impact sur le couple parental
Face à l’addiction de l’enfant, les parents peuvent adopter des positions opposées :
L’un veut poser des limites strictes, l’autre préfère minimiser et “laisser faire” pour éviter les conflits. Ces désaccords peuvent créer des tensions dans le couple, voire des conflits conjugaux plus profonds.
- Impact sur la fratrie
Les frères et sœurs peuvent ressentir de la frustration ou de la jalousie, se sentant délaissés en voyant l’attention des parents focalisée sur la gestion de l’addiction.
Dans certains cas, ils peuvent aller jusqu’à également développer des comportements addictifs similaires, comme une manière inconsciente de capter l’attention ou de reproduire ce qu’ils observent. Il peut y avoir des disputes dans la fratrie et du ressentiment. On peut noter des changements de comportements , plus agressifs chez les frères et sœurs là encore pour signifier un manque et attirer l’attention des parents.
- Isolement progressif de l’enfant
L’addiction aux écrans peut conduire au retrait social : l’enfant privilégie son monde virtuel au détriment de ses relations réelles (amis, famille, enseignants…). En tant que parents, cela peut être très inquiétant : on voit son enfant s’éloigner, sans réussir à le rejoindre, ni parvenir à faire émerger chez l’enfant d’autres centres d’intérêts que les écrans.
- Conséquences scolaires et émotionnelles
Une consommation excessive d’écrans nuit souvent au sommeil, à la concentration et aux résultats scolaires. On observe aussi une baisse de motivation, des sautes d’humeur, une irritabilité ou une tristesse masquée derrière les jeux ou les vidéos. Pour les parents, c’est un signal d’alarme difficile à ignorer.
L’addiction aux écrans n’est pas une fatalité. Il est possible de retrouver un équilibre familial en comprenant que l’addiction aux écrans n’est pas une simple question de manque de volonté . Elle traduit souvent un besoin émotionnel insatisfait : recherche de connexion, besoin de reconnaissance, fuite face à l’anxiété ou au stress.
En aidant l’enfant à mieux comprendre sa relation aux écrans, et en accompagnant les parents dans la mise en place de nouvelles dynamiques familiales, il est tout à fait possible de retrouver un climat apaisé à la maison .
Et nous en tant que parents vis-à-vis des écrans ?
Les enfants apprennent de ce qu’ils voient. S’ils observent un parent constamment collé à son écran, ils reproduiront naturellement ce schéma, même si on leur dit le contraire.
C’est pourquoi, pour agir réellement sur leurs habitudes, il est essentiel de commencer par regarder les nôtres. D’où l’importance de la thérapie systémique parce que c’est ensemble, en tant que famille, qu’on peut retrouver un rapport plus sain, plus conscient, et plus équilibré aux écrans.
L’objectif n’est pas de culpabiliser les parents, loin de là. Toutefois il s’agit de questionner au cours du programme l’utilisation des adultes et leur rapport à l’écran.
- Combien de fois consultons-nous machinalement notre portable pendant le repas, en discutant avec nos proches, ou même en jouant avec nos enfants ?
- À quel point utilisons-nous les écrans comme un refuge face à la fatigue, le stress du quotidien ou l’ennui ?
- Et combien d’heures passons-nous, le soir, à scroller sans but, alors que nous aimerions lire, rêver, ou simplement dormir ?
Parfois, nous ne voyons pas que nous vivons nous aussi une relation addictive aux écrans , alimentée par les notifications, les réseaux sociaux, les séries en replay ou le besoin constant d’être connecté et la peur de rater une information importante.
Quelques questions pour tester votre rapport aux écrans :
Passez-vous plus de temps sur votre téléphone que vous ne participez à la vie familiale ?
Avez-vous du mal à rester totalement en connexion avec votre entourage sans avoir besoin de consulter votre téléphone ?
Utilisez-vous les écrans pour vous déconnecter et éviter de ressentir des émotions négatives ? (refuge à l’anxiété, au stress, à la solitude)
Avez-vous déjà pensé à réduire votre usage des écrans sans y parvenir ?
Y-a-t-il toujours un écran allumé dans la maison même quand toute la famille est réunie ?
Si vous avez hoché la tête à plusieurs de ces questions ou que vous sentez qu’un membre de votre famille est concerné alors il est temps d’agir. S’il s’agit de votre enfant, vous pouvez opter pour notre programme dédié à ce sujet. S’il s’agit de vous en tant que parent, nous pouvons également vous accompagner par des séances multi thérapeutiques au cabinet.
